Encouragée en mai 95 en tant qu’auteur par Voix du Sud (Francis Cabrel) aux Troisièmes Rencontres d’Astaffort, Pascale Baldi s’affirme ici dans ses propres créations et nous offre un album sensible, co-réalisé par le compositeur-arrangeur Pascal Lemaire. Servie par une voix chaleureuse, Pascale Baldi, c’est le bon son, le mot juste mais aussi un univers très personnel (à mi-chemin entre la pure chanson française et un jazz funk demi-teinte) qu’elle sait par ailleurs mettre en scène avec émotion ou humour.
  
           

Pascale Baldi ouvre quelques parenthèses... à propos de ses titres.

Iqbal : Chanson créée à la suite de l'assassinat d'Iqbal Masih en 1995.
Son petit nuage noir : ... Et il y a ceux qui vous pourissent la vie avec leurs petits soucis... Vive l'ouragan qui pousse les petits nuages noirs...
Pur sang : A Michel et à Paris, la nuit.
Nini : La lutte des... Grasses !
Vague à l'âme : ...
La danse du canard : L'essentiel est de garder la foi (de canard, bien sûr !).
Parenthèses : "Quand on a 17 ans...", on écrit ce qui nous vient du coeur, avec des mots purs, simplement.
Façades : A ces familles qui nous sont chères. Nos si proches... si lointains.
Tu m'ennuies : Ah ! Il a fallu en passer des nuits blanches, en sauter des repas, en râturer des pages, en pleurer des larmes, pour donner à Francis le meilleur de nous-mêmes ! (Chanson écrite aux Rencontres d'Astaffort - Mai 1995)
Pas d'cadeau : Exercice de style...
Pour un homme : Message personnel : Blondin ou Baudelaire ?
Amnistie : Le poète est porte-parole...Mais au delà de ça, il y a l'acte d'écriture pour protéger la vie d'un être humain. Nous en sommes tous capables... à la force d'un stylo. Superbe résistance non violente : Dire !!!
   
Textes des chansons de l'album "Parenthèses"
       
1. Iqbal   2. Son petit nuage noir
Paroles : Pascale Baldi / Musique : Pascal Lemaire   Paroles : Pascale Baldi / Musique : Pascal Lemaire
    Elle ne sort jamais
    Sans son petit nuage noir
    Comme d'autres jamais
      Sans leur vieux parapluie !
Iqbal, Iqbal,      Tant pis ! Tant pis !
C'est mon nom et tu l'oublies.      
Dans le journal     Peut faire beau soleil
Je suis mort à douze ans, lis !     Et tous les oiseaux la fête...
Au Pakistan     Elle, c'est pas pareil,
Ou en Turquie, ils m'ont vendu.     L'a l'nuage dans sa tête.
J'avais quatre ans     C'est bête ! C'est bête !
Déjà vieux, déjà fourbu.      
       Un p'tit nuage noir
Refrain : N'achète pas aux bandits   Avec des coups de foudre
Ce beau tapis d'Orient   De temps en temps.
Mon beau tapis volant   Histoire, histoire
Mes mille et une nuits.   De mettre le feu aux poudres
Esclavage d'enfants,   En coup de vent.
Marché de corrompus,    
Je mets le pied dedans,   Mais presque aussitôt
Tu mets le pied dessus...   Même si l'bonheur lui sourit,
     Derrière les carreaux
Iqbal, Iqbal,   D'ses lunettes, c'est la pluie.
Ces doigts gras bagués d'or lourd     Tant pis ! Tant pis !
Me font si mal,      
Estampillent au petit jour   Un p'tit nuage noir
Ma peau trop pâle.   Qu'elle traîne depuis l'enfance
Mais quelle maman peut se dire :   A tire d'aile.
"ça m'est égal !"   C'est son miroir,
Où sont mes rêves et mes sourires ?   Sa seule référence.
    C'est plus fort qu'elle.
Refrain    
    Elle ne sort jamais
Ma vie entière ne tient   Sans son petit nuage noir
Qu'à un fil que je tisse,   Comme d'autres jamais
Que je tisse en silence,   Sans leur vieux parapluie !
Ligotant mon enfance   Tant pis ! Tant pis !
Sous l'oeil des loups qui friment    
Et crient leur innocence.   Son prince charmant
Je suis bien trop petit   Qui se fatigue en courbettes,
Pour travailler la nuit.   Change ses élans
    De douceur en tempête.
Refrain   C'est bête ! C'est bête !
     
Il est trop cher pour toi...   Mais un petit nuage noir
Ma vie n'a pas de prix.   Sous un bel ouragan,
    Ca s'en va loin.
    Ce n'est pas rare
    Qu'il fasse très beau temps
    Le lendemain.
       
3. Pur sang   4. Nini
Paroles : Pascale Baldi / Musique : Jorge Nolla   Paroles : Pascale Baldi / Musique : Pascal Lemaire
    Les yeux fermés, la bouche ouverte,
    Elle se flingue au chocolat.
C'est un pur sang aux dents de lait     (Elle) appuie d'un coup sur la tablette
Qui remue la croupe pour un billet,     Tant pis pour les dégâts.
Un beau poulain du macadam      
Qui rit quand je l'appelle "Madame".     Refrain : C'est le début de la faim,
      C'est le début de la faim,
Il glisse son nez dans mon cou   C'est le début de la faim,
Et dans la rue y'a des jaloux   Pour Nini, c'est tout ou rien.
Pourtant, son bras sur mon épaule,    
C'est seulement pour faire la "folle".   Elle ira jusqu'au bout de l'ennui
    Dans ce voyage - éclair.
Dans ses nuits, lourdes de paumés,   Quelques kilos pas vus bien pris
Où il m'entraîne pour rêver,   Protègent son coeur de verre.
L'amour se fout de c'que l'on dit    
Des hommes s'aiment et c'est tant pis.   Refrain
Dans ses nuits, lourdes de paumés,       
Où il m'entraîne pour rêver,   Tous ses "bidules - machins - trucs",
J'finis mon verre dessous les bars :   Ses bleus à l'homme,
Nous n'avons pas le même trottoir.   Ses tonnes de bobos sans sucre,
      Elle se les gomme
Et dans cette ville sans nom   A pleines dents.
Où le bordel se fait pension,   Les p'tits, les grands
Leurs yeux ont tapissé mon ciel   S'envol' (ent) au vent
De broderies confidentielles.   Dans l'ordre des croissants
    (Choeurs : "au beurre").
C'est un pur-sang dégarçonné,  
Enfant de paille pailleté,   Les yeux fermés, la bouche ouverte,
Qui m'donne son lit et ses poupées,   Elle se flingue à tours de bras.
Quand je n'ai plus rien à aimer.   De tours de hanches en prise de tête,
    Elle est tombée bien gras.
Dans ses nuits, lourdes de paumés,    
Où il m'entraîne pour rêver,   Refrain
L'amour se fout de c'que l'on dit    
Des hommes s'aiment et c'est tant pis.   Plus la peine de jouer les héros
Dans ses nuits, lourdes de paumés,   Quand les carottes sont cuites.
Où il m'entraîne pour rêver,   Bref, c'est la fin des haricots,
J'finis mon verre dessous les bars :   Et c'est "bonjour les frites" !
Des hommes s'aiment : je suis à part.    
      Refrain
   
5. Vague à l'âme   6. La danse du canard
Paroles : Xavier Louis / Musique : Jorge Nolla   Paroles : Pascale Baldi / Musique : Pascal Lemaire
Le temps s'envole en vague à l'âme   C'est un vilain petit canard
Et je suis là, à t'écouter.   Qu'on pigeonne dans son duvet.
Quand tu divagues en vol de canes,   Il a remisé ses miroirs,
Je ne peux que te regarder.   Il ne croit pas qu'on peut l'aimer.
    Il traîne ses os de canard
De vague à l'âme en vol d'oiseaux   Sur l'océan des grands pavés.
L'un contre l'autre, mains enlacées,   Ces eaux-là sont des boulevards,
De vague en gave en poule d'eau   Où il marche sans avoir pied.
Je te vois t'endormir, pamé.   Il n'y a que dans sa baignoire
    Qu'il arriverait à chanter,
Tu t'en vas rêver d'ailleurs   Il fait des couacs dans la fanfare
Et si loin de ma peau.   D’un troupeau d’oies lourdes et blasées.
Je deviens Pierrot du songe qui point    
Alors je ne sais   Il faudrait pourtant qu’on lui dise
De toi qui fermes les yeux   Que bientôt il pourra voler,
Rien du tout ou bien si peu   Plus haut, plus haut que ce qu'il vise,
    Ce qu'il n'a pas encore touché.
Quant tu t'éveilles en vague à l'âme,  
Que tu acceptes mon matin,   C'est un vilain petit canard
Je m'imagine un vol de canes   Que l'on va laisser mijoter
Mais de ta nuit je ne sais rien.   Dans la sauce de son cafard
    Comme ceux qui l'ont précédé,
Tu t'en vas rêver d'ailleurs   Et s'il a goût de désespoir
Et si loin de ma peau.   S'il a des arrières-pensées,
Je deviens Pierrot du songe qui point   Il donnera ses larmes à boire
Alors je ne sais   Dans des cocktails désenchantés.
Quand arrive le matin,   Ce si vilain petit canard,
Si ta nuit t'a fait du bien.   Tout seul à savoir qui il est,
    Sera jeté comme un toquard
      Du grand Bazar organisé.
     
    Il faudrait pourtant qu'on lui dise
    Que ce n'est pas sur les marchés
  Qu'il pourrait avoir la main mise
    Sur son originalité.
   
    Il se peut que notre canard
    Un jour mauvais soit enchaîné
    Par un essayeur de plumard
    Par un gorêt qui lui dirait :
    " Mon Canitou, fais-moi de l'Art,
    Fais-moi de l'Art pour m'engraisser. "
    Il jouera les cygnes plein phares
    Bien que boîteux et blanc cassé.
    Sur scène, il fera le trottoir,
    Plus seul encore mais mieux chaussé.
    Il ressortira ses miroirs
    Mais ce sera pour décorer.
       
    Il faudra pourtant qu'on lui dise
    Que la palme était à ses pieds,
    Qu'elle est à ceux qui se suffisent,
    Ceux qui font la route... nu- pieds.
     
7. Parenthèses    8. Façades
Paroles et Musique : Pascale Baldi     Paroles : Pascale Baldi / Musique : Pascal Lemaire
Je suis reine de mon royaume.   Je ne veux rien casser
Mes sujets sont des fantômes,   De cet univers fragile
Des rêves d'enfant...   Où tout semble posé
    Par une main habile.
Ils n'ont pourtant pas de maître,   Le souffle d’un mot
Ils sont libres comme le temps,   Suffirait, tu le sais,
Ils voyagent dans mon être   A briser le château
Au hasard du sentiment.   De cartes à jouer
        
J'y accroche mes couleurs,   Façades
Ma tendresse ou ma rancoeur,   Sourires d’artifice
Une paix en suspens.   Mains tendues sans y croire
    Mensonges du paraître
Pour cela je suis légère   Façades
Comme bulle de savon,   Regards en corde lisse
Je n'ai pas les pieds sur terre,   Où chacun dit s’asseoir
Mais je vis pour de bon.   Mais fuit par la fenêtre
     
Et si demain dans mon royaume,   Tout est bien construit
Vient un chasseur de fantômes,   En jeu de société.
Ogre croqueur d'enfant,   Nous sommes trop polis
Qu'il s'exile de mes terres,   Pour parler vérités.
Sans aumône et sans rancune,   Glisse le temps qui fête
Marchander tous ses enfers   Sous nos yeux décavés,
Sous d'autres clairs de lune.   Sur nos bouches muettes,
      Nos amours résignées.
       
    Façades
    Des visages de pierre
    Que griment en arc-en-ciel
    Des peintures de guerre.
    Façades
    Mirages de poussière
    Où chaque grain se mêle
    A ceux de nos déserts.
     
9. Tu m'ennuies 10. Pas d'cadeau
Paroles et musique : Pascale Baldi   Paroles : Pascale Baldi / Musique : Pascal Lemaire
(Créée aux Rencontres d'Astaffort - Mai 1995)   Dommage que tu sois un salaud!
Dans cette chambre au quatrième   T'étais trop beau pour être honnête.
Qui me servait de cendrier,   J'ai cru à la folie de la fête,
J’attendais un " zorro " qui m’aime   A la magie des mots, des mots !
Et change l’air de mon été.   T'étais superbe de rêves,
      Sacrément gonflé !
Tu es venu par l’escalier      
Mettre des fleurs dans mes désirs,   V'là qu’ tu t' tailles sur mon vélo :
Un papillon sur l’oreiller,   Celui que j'avais dans la tête !
Un p’tit drapeau sur mon navire.   Pas b'soin
     De te faire un dessin:
T'es plutôt lourd quand tu décolles.   Je n'ai plus rien.
Tu n’es plus l'homme dont j’étais folle :    
Tu m’ennuies.   Pas d'cadeau pour mes délires
    J' fermais les yeux sous le soleil.
Tes pieds se glissent sous la table,   Toutes les fleurs de mes soupirs
Tu manges, tu dors et moi je crève.   Se sont fanées à mon réveil.
Tu vis d’amour et d’eau potable,      
Tandis que je rêve de rêves.   La rage me prend. Tu sais c' que c'est !
      ... Envie d’ gémir sur l'impossible,
T’es plutôt lourd quand tu décolles   ... De casser les chaînes invisibles.
Tu n’es plus l’homme dont j’étais folle :   Mais tu te fous bien de ce que j'ai :
Tu m’ennuies.   Tu te casses comme un voleur
      Faire la fête ailleurs.
Tout près des mots que je taisais,      
Dans mon regard, dans mes matins   Mes fous-rires ont l’ dégoût salé,
Tu as rempli les pointillés   Un mal de mer terrible.
D’un grand espoir qui n’valait rien.   Pas b’soin
       De te faire un dessin :
Je t’appelais " mon ange "   Je n’ai plus rien.
Pour que tu me gardes    
Maintenant, tu m’déranges...    Pas d’ cadeau pour mes délires,
Quand je te regarde.    J’ fermais les yeux sous le soleil.
         Toutes les fleurs de mes soupirs
    Se sont fanées à mon réveil.
       
    Pas d'cadeau pour mes délires,
    Je nous croyais tell’ment pareils !
    Toutes les fleurs de mes sourires
    Se sont fanées à mon réveil.
    ... à mon réveil
     
11. Pour un homme 12. Amnistie
Paroles : Pascale Baldi / Musique : Pascal Lemaire Paroles : Pascale Baldi / Musique : Pascal Lemaire
Toi, tu n'as rien d'original,   Les mots,
Mais tu es simple et tu vois juste.   Les mots ne viennent pas
Tu vis ta vie tant bien que mal,   Bleuis, meurtris,
Dans un monde auquel tu t'ajustes.   En très mauvais état d'âme,
       Ils nous restent sur le coeur
Le matin vient comme le soir,   Comme des oiseaux
Et l'avenir ne te dit rien,   Prisonniers.
Pourtant, tu as ta propre histoire,    
Collée à toi comme ton chien.   Refrain : Ecris-les,
      Quand je suis
Tu solderais tes habitudes   Au fond de la nuit,
Pour quelques liasses de baisers,    Dans la prison d'oubli.
Une aventure qu'on dénude   J'ai besoin d'un ami.
Au risque de s'y bien tromper.   Ecris-leur
    Que je vis.
Tu partirais téléphoner   Je te crie en silence :
A l'inconnue , à l'étrangère   Tu es ma seule chance
Qui, dans les fumées d'un café,   D'amnistie.
A su tes silences amers.    
    Les mots,
Ta femme n'a plus d'importance,   De trop les mots trahis
Du moins, pas celle qu'elle se donne.   Moqués, chassés,
Mais, au fond, elle a de la chance,   Par tous les états d'armes
Si tu l'oublies, tu lui pardonnes.   Ces rebelles assassinés
     Vigiles de l'âme
Je t'imagine délivré,   Libertés.
Flânant, cherchant dans quelque ville,     
Mon visage en mauvais papier, Refrain
Sur un mur en pluie et guenilles.   
      
Je t'imagine et je te sais    
Assis devant ma propre voix    
Ecoutant ces mots falsifiés    
Menteurs, peut-être, mais de moi.    
       
Je t'imagine beaucoup trop.    
Je ne sais pas si tu existes.    
Es-tu une ombre ou bien l'écho    
De ma tendresse défaitiste.    
     
Dans l'avenir où je me glisse,    
Tu seras pourtant sur la piste,    
Ma tendre ébauche, mon esquisse :    
C'est toi l'Elan, c'est toi l'Artiste.    

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